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Présentation Futuribles sur les grandes tendances de l'environnement du Pays de Montbéliard

Dans le cadre du cycle de conférences organisées pour les États Généraux du Futur, Hugues De Jouvenel, directeur général du groupe Futuribles, était ce lundi 9 mars à Montbéliard pour une conférence-débat sur les mutations majeures de notre monde et ses conséquences pour le Pays de Montbéliard.

A. La situation mondiale

Premier constat : alors que la plupart des économistes ont tendance à considérer la crise que nous traversons actuellement comme un phénomène cyclique, Monsieur De Jouvenel estime, qu’au-delà de l’aspect financier, celle-ci résulte de l’absence de prise en compte des évolutions du monde contemporain.

Un monde marqué par la mondialisation des échanges, où 10% de la population thésaurise 90% des ressources monétaires, dominé par les USA, l’Europe, la Chine, l’Inde et le Japon. Sur une planète qui comptera environ dix milliards d’individus en 2050, où l’Inde sera très bientôt le pays le plus peuplé, la concurrence va devenir encore plus acharnée pour se partager les matières premières –dont le prix a été multiplié par 4 en dix ans-, les richesses énergétiques, les terres arables et l’eau.

Conséquence de la mondialisation et de la fin de la guerre froide, la montée des interdépendances sans progression des règles régissant les échanges. D’où une explosion des conflits, à la fois à l’intérieur des pays qu’au niveau international.

L’Europe enfin, pour constater que, face au défi de l’élargissement et de l’approfondissement, elle est divisée et a tendance à perdre pied face aux autres puissances : pas de politique commune en matière commerciale, industrielle ou de recherche, une banque centrale sans contrepoids politique, et des grandes inégalités entre les différents États.

B. La mutation du système productif

Dans les pays les plus développés, on constate à la fois une tertiarisation de l’économie, et une industrialisation de l’agriculture et des services. Pour exemple, le prix d’un kilo de beurre dépend de moins en moins de la matière première et du travail de l’agriculteur, mais de facteurs qualifiés d’immatériels, comme la logistique, la distribution, le conditionnement, la chaîne du froid, le marketing et la publicité. C’est cette « intelligence ajoutée » qui contribue à l’explosion du secteur tertiaire et à l’augmentation des prix.

Deuxième point développé, le poids croissant de la finance : alors qu’entre 1987 le PIB a augmenté en France de 74 %, la capitalisation à la Bourse de Paris a augmenté de 890%. Ce qui induit un transfert hors marché des activités à faible productivité, ainsi qu’une volatilité des capitaux, cherchant à trouver le meilleur taux d’intérêt, avec les conséquences que l’on connait –crise asiatique du début des années 2000- sur les activités industrielles.

La délocalisation des emplois industriels vers les régions du globe où le coût des salaires est plus faible qu’en France a bien sûr été évoquée, avec les interrogations que cette évolution fait peser sur un groupe comme Peugeot.

Face à cette situation, l’économie doit relever plusieurs défis. Le défi de l’innovation d’abord, notamment pour des technologies nouvelles et combinées : informatique, réseaux de communication, biotechnologies. Avec également la nécessité de coupler ces innovations avec de nouvelles formes organisationnelles. À la fois pour le travail – le télétravail n’a pas été développé à l’échelle nationale, sauf aux profits de pays africains ou asiatiques, alors que les déplacements domicile-travail ont été multipliés par 2 en moins de quinze ans-, que pour passer d’un système de management basé sur un triptyque diplôme-statut-promotion à une organisation qualification-fonction-résultat. Sans oublier une nouvelle organisation sociale, alors que le système de protection sociale français est menacé, que les jeunes entrent de plus en plus tard dans un monde du travail d’où sont progressivement exclus les quinquagénaires, alors que la France souffre d’un sous-emploi endémique, notamment par rapport aux pays nordiques.

En résumé, une conférence qui a enrichi la réflexion menée actuellement sur le projet d’Agglomération du Pays de Montbéliard.

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